École de rugby : U14 – compte-rendu du Tournoi de Condom –

Compte-rendu

1er tournoi international de la Ténarèze

C’est à Condom, dans le Gers, que les U14 du BAL ont terminé la saison, ce samedi 10 juin 2017. Après 10 mois d’entraînement et de rencontres, il restait un dernier défi à relever, au cœur des vignes de l’Armagnac : participer et si possible bien figurer dans ce 1er tournoi international de la Ténarèze.

Départ 7 h 15 et 2 heures de routes vallonnées plus tard, c’est dans un magnifique parc des sports que les 22 joueurs étaient accueillis où 3 terrains à l’herbe bien verte les attendaient patiemment.

A 9 h 45, après la préparation habituelle et rituelle dans les vestiaires, les balistes sortaient s’échauffer. C’est à ce moment là également que les premiers adversaires du jour étaient enfin connus. Suite à la défection au dernier moment de 2 équipes, la poule qui était proposée ne comptait plus que 3 équipes et par malchance, aucune équipe étrangère. Face aux jeunes béarnais se dressaient la phalange gersoise de l’URBR (Castelnau-Rivière Basse/Riscle) et la cohorte lot et garonnaise de l’US Marmande. 2 belles écoles de rugby, déjà affrontées dans un passé lointain et qui n’avaient pas laissé de bons souvenirs…

Les matchs du matin durant 2 x 11 minutes, il allait être nécessaire de gérer les corps mais également la stratégie pour éviter les déconvenues.

L’URBR se présentait, dans sa tenue noire et rouge traditionnelle, et forte de ses certitudes : pas un match perdu durant la saison, ça aide !

Les vert et or allaient vite comprendre que l’adversaire de l’instant était d’un calibre supérieur, surtout quand on lui offre des ballons de contre-attaque ou que l’on oublie que le rugby est avant tout un affrontement dans lequel chacun doit faire sa part. Dès les premières minutes, les gersois mettaient de l’agressivité dans leurs interventions et de la vitesse dans leurs déplacements du ballon. 4 essais venaient les récompenser dont 3 généreusement « offerts » par les balistes. La 2e mi-temps était plus équilibrée mais encore une fois la défense béarnaise était trouée par deux fois sans qu’il y ait à redire. Au final un 6 à 0 de derrière les fagots, difficile à avaler mais juste vu la prestation : les balous n’étant pas encore descendus du bus, semble-t-il…

15 minutes de repos plus tard, voilà que s’avançaient les U14 de l’US Marmande : de solides gaillards devant, bien frais et disposés à dévorer du béarnais comme on mange des tomates ; en croquant dedans à pleine dents !

Sur la route de Compostelle, on raconte que les miracles sont nombreux depuis le Moyen-Âge et bien, il faudra en rajouter un supplémentaire : malgré la fatigue et la claque reçue précédemment, les balistes ont cette fois décidé de faire front collectivement du début à la fin de la rencontre. Aucun n’a failli, ce qui a permis rapidement de prendre le score et de faire courir l’adversaire qui s’est épuisé dans une remontée impossible. En repoussant les bleu et blanc dans leur camp en utilisant de manière intelligente le pied, les vert et or ont cadenassé la rencontre et désespéré leurs adversaires. Malgré toute l’énergie déployée, les jeunes marmandais ont toujours trouvé un jeune béarnais sur leur route, ce qui s’est traduit au final, par un cinglant 8 à 0.

Les matchs du matin étant terminés, après un débriefing rapide, il était l’heure de se restaurer, à l’ombre des arbres : le soleil commençant à cogner dur sur les têtes.

C’était aussi le moment de faire le point sur l’état des troupes : quelques bobos sans gravité de ci, de là mais un gros pépin pour Florent M. : épaule démise et remise en place pendant la rencontre égale fin de la journée… Voilà que l’équipe se retrouvait sans le « papa » des lignes arrières, le « Rougerie » béarnais, si influent dans la régularité de l’équipe. Quelle allait être la réaction du groupe face aux 2 nouveaux adversaires annoncés : l’US Condom et le Sondrio Rugby, club italien ? Les craintes étaient nombreuses mais l’équipe allait démontrer au public que le jeu collectif permet de renverser les montagnes, mêmes alpines.

A 14 h 00, il était donc l’heure d’affronter les rouge et noir de la Ténarèze : de beaux gaillards, nourris au grains et au foie gras, biens décidés à rester maîtres sur leur terrain.

Un terrain plus court et moins large que le précédent qui demandait un placement en profondeur plus important et un jeu au pied plus précis.

Dès les premières minutes, le combat s’annonçait acharné : les deux équipes proposant un jeu de mouvement, large, large.

Pourtant c’est sur un départ du 8, côté introduction, que le score était défloré : 7 à 0 puis 12 à 0 sur une défense de ligne maladroite, permettant de jouer un 2 contre 1 en bout d’aile. Le Bal allait-il craquer comme le matin ? Le public nombreux était inquiet mais les jeunes béarnais allait le rassurer sur une action d’école. A 1 minute de la fin de la première mi-temps, après un balayage dans la profondeur puis dans la largeur, un ruck se jouait à 15 mètres de la ligne gersoise, côté droit du terrain. Après une éjection rapide, notre 10 du jour délivrait une passe au pied dans la transversale opposée pour son ailier qui après la réception et une avancée, trouvait un premier soutien intérieur qui lui même délivrait une dernière passe pour un essai en très moyenne position. Transformer cet essai permettait de revenir à 5 points et d’envisager une deuxième mi-temps bien différente. Imperturbable dans sa préparation, Quentin S. ajustait le poteau du milieu et ajoutait les 2 points. Maintenant, la pression était sur les épaules condomoises et dès le début de la 2e mi-temps, les vert et or occupaient le terrain adverse, envoyant vague sur vague sur la défense gersoise qui tenait le coup mais s’affaiblissait un peu plus à chaque fois. A l’unisson, avant et 3/4 béarnais pratiquaient un jeu fait de passes, de soutien et de communication. Il ne restait plus que 30 secondes à jouer et après un dernier balayage de gauche à droite et un ruck dans les 15 mètres adverses, une nouvelle attaque était lancée de gauche à droite. Jouant leur va-tout, les noir et rouge montaient comme des « fusées » et arrivaient à intercepter une passe trop « plate » et après une course de 80 mètres terminaient entre les poteaux. Un fin cruelle pour l’équipe qui avait dominé la 2e mi-temps et proposé du jeu. Il restait maintenant à jouer le match international contre l’équipe de Sondrio qui juste avant se permettait de faire exploser Condom grâce à ses avants très solides dans les rucks et son 10 ultra-puissant, adepte du défi bille en tête et de la course folle.

Après les 15 minutes de repos nécessaires, il était temps d’affronter Sondrio. Pour ceux qui aiment la géographie, cette ville se situe en Lombardie et plus précisément en Valteline, au cœur des Alpes italiennes, près de la frontière suisse. Qui dit montagnes, dit gaillards et combats au près. Les balistes, qui avaient assisté à la déroute des hôtes du jour, étaient prévenus : il allait falloir faire front devant et proposer du jeu rapide derrière sinon, l’enfer serait au rendez-vous.

Dès les premiers instants, les jeunes béarnais allaient au défi et s’organisaient sur les rucks pour libérer des ballons propres, loin des mains italiennes, avant de lâcher le ballon sur les extérieurs. Jouant dans les intervalles, les centres balistes parvenaient à s’infiltrer et à servir leurs ailiers qui se lançaient dans de longs raids à l’intérieur du camp adverse. Comme dans le même temps, les quelques ballons joués par les lombards l’étaient au près et que la défense vert et or ne lâchait rien, bien au contraire, se permettant même quelques « grattages » bienvenus, le match s’annonçait palpitant. Deux écoles face à face, chacune avec ses armes et chacune mettant toute son énergie à faire triompher son identité de jeu.

Face à la puissance et à la force de la tempête italienne dans l’axe, le roseau béarnais s’est adapté et a su déplacer le combat sur les largeurs mais pour cela, il a commencé par ne rien céder en mêlée, récupérant plusieurs ballons sur talonnage ; il a continué en faisant la moisson dans les airs et en fauchant les jambes italiennes ; il a terminé en utilisant le pied avec justesse pour renverser le rapport de forces.

Et ce qui devait arriver, est arrivé enfin. Après un 1er essai d’ailier refusé pour un léger en-avant sur la dernière passe, côté droit, c’est sur le côté gauche que l’ailier a marqué après une attaque classique où la vitesse de transmission et le replacement ont fait la différence.

Comme le « Wilkinson » baliste a de nouveau fait parler sa précision, le score à la mi-temps était de 7 à 0.

La 2e mi-temps voyait les italiens tenter de passer en force mais les béarnais ne lâchaient rien, se sacrifiant pour les empêcher de revenir. Le combat franchissait un nouveau palier dans l’intensité mais la justesse restait baliste : la tête levée, la prise d’information était maximale et l’erreur de dernière minute était cette fois-ci évitée. Sur une mêlée italienne, le ballon était gagné et à 15 mètres de la ligne, la 3e ligne béarnaise franchissait la ligne.

Quentin S. transformait du bord de touche et le score gonflait de 7 points. Au coup de sifflet final, les balistes sautaient de joie, certains d’avoir réussi un dernier match de très grande qualité.

Au final, les minimes terminent 7e et c’est l’URBR qui remporte la finale en disposant de Castelnaudary sur un score étriqué.

Lors de ce tournoi, l’équipe a su faire preuve de courage et de solidarité :

  • la 1ère ligne (Romain, Enzo, Lucas, Jérémy) a montré son efficacité en mêlée et dans les rucks,

  • le 2e ligne (Jordan, Samy, Jérémy) a couvert du terrain et s’est régalé dans le combat,

  • la 3e ligne ( Mattéo, Matisse, Martin) a assuré un soutien sans faille aux 3/4, jouant à la faucheuse avec rugosité,

  • les 9 (Pierre, Raphaël) ont animé autour des rucks et éjecté de précieux ballons,

  • le 10 (Quentin) a montré ses qualités de gestionnaire imperturbable du jeu,

  • les centres (Ambroise, Melvin, Florent) ont gagné la bataille du cœur du terrain et ont su porter le fer chez l’adversaire,

  • les ailiers (Marwan, Killiane, Axel, Léo, Julien) ont montré leurs « pattes » et leur dextérité ballons en main,

  • l’arrière (Mathis) a fait preuve d’autorité sur les ballons hauts et d’une jolie « folie » dans la relance.

Félicitations pour le bel esprit démontré sur le terrain !

Voici maintenant venu le moment de faire le bilan de la longue saison et de se projeter déjà sur la prochaine.

En début d’année, nous disposions de 21 joueurs dont une majorité de 2004 et nous savions être dans une saison de transition qui devait préparer la suivante. Il avait été décidé, dès le mois de juin 2016, de protéger les jeunes joueurs pour leur permettre de prendre confiance en leurs capacités. Très vite, l’effectif a gonflé pour atteindre 31 licences en fin d’année mais ce sont des débutants qui sont venus nous rejoindre, compliquant un peu plus l’équation : former le plus rapidement possible pour que chacun puisse trouver sa place dans le groupe, y apporter sa pierre et ainsi le rendre plus fort.

Grâce à l’assiduité des joueurs, le mercredi et le samedi, un vrai travail sérieux a pu être réalisé dans la bonne humeur. C’est ce qui nous a permis de voir, ces 2 derniers mois, les uns et les autres s’épanouir rugbystiquement. Chaque joueur s’est fondu dans le collectif et en a récolté les fruits en devenant champion du Béarn niveau A2 à Monein, alors que toute l’année, l’équipe avait joué au niveau au-dessous. Bravo à eux pour pour cette belle performance.

Bravo à eux également pour leurs résultats dans les autres tournois : 4e à l’USEP, 6e à Ordizia, 7e à Condom. Face aux équipes plus âgées, ils ont fait front et quelque fois les ont mêmes battues, ce qui augure de bonne choses pour la prochaine saison.

Avec Domi, Flavien et Christophe, nous souhaiterions également remercier les parents qui nous ont aidés et soutenus toute l’année et bien sûr, pour leur présence lors du dernier tournoi à Condom.

La saison prochaine, une nouvelle page s’écrira avec de nouveaux joueurs venus certainement de tous les horizons comme cette année. Nous espérons qu’elle sera pour nous aussi enrichissante que celle que nous venons de vivre et nous sommes certains que comme a su le dire le poète Paul Fort (bien connu sur Lescar…) : « le bonheur est dans le pré » aux drôles de poteaux car nos joueurs, vos enfants, y ont couru si « vite », ballon en main, qu’ils y ont laissé une belle trace d’humanité.

A très bientôt.

Les éducateurs des U14

RC BAL, per sempre en davant !

https://drive.google.com/open?id=0B_vMs2RyPb6-Vk8wS1BjNTBoYm8